Analyse des Marchés: Incertitudes Persistantes
Analyse des Marchés et Incertitudes Géopolitiques
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les marchés ont déjà intégré une première série de risques liés à l'approvisionnement énergétique, à l'inflation et à d'autres menaces potentielles pour l'économie mondiale. Une évaluation précise reste cependant difficile à établir. Pour que ce mouvement général d'aversion au risque s'inverse, les marchés ont besoin d'une perspective claire sur une résolution du conflit, ou au moins d'une estimation éclairée de la durée de cette incertitude. Malheureusement, ce type de visibilité ne semble pas disponible dans l'immédiat.
Dans l'intervalle, toutes sortes de rumeurs et d'informations provenant de « sources bien informées » circulent, faisant osciller les marchés dans les deux sens. On évoque ainsi un engagement potentiel des États-Unis, sous l'impulsion du président Trump, pour escorter les pétroliers dans le détroit d'Hormuz et/ou fournir une assurance financière. Le New York Times rapportait également que l'Iran aurait indirectement contacté la CIA pour rechercher des termes de fin de guerre (information démentie par l'Iran par la suite). Parallèlement, les écrans affichent en continu des nouvelles alarmantes, notamment l'interception par la Turquie d'un projectile tiré depuis l'Iran. Plus tard, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a réaffirmé que la mission n'était pas encore accomplie.
Bien entendu, le conflit au Moyen-Orient n'est pas la seule source d'incertitude à laquelle les investisseurs doivent faire face. Au début des négociations américaines, la secrétaire au Trésor américaine, Bessent, a indiqué que les États-Unis pourraient imposer un tarif commercial mondial de 15% cette semaine. Cette annonce a été suivie d'une autre information suggérant que l'UE pourrait être exemptée de ce tarif universel américain, toujours selon des sources proches du dossier. Ce flux d'informations chaotique a conduit les investisseurs sur différents marchés à tirer des conclusions mitigées. Les actions européennes (EuroStoxx 50), après avoir perdu environ 6% cette semaine, rebondissent de 1.5%. Les indices américains ont également ouvert en légère hausse. Les marchés de l'énergie, source majeure d'incertitude et de craintes inflationnistes, présentent un tableau contrasté, avec le contrat de référence néerlandais sur le gaz qui recule de plus de 60 €/MWh à environ 50 €/MWh actuellement. Dans le même temps, le Brent se maintient au-dessus de 80 $/b.
Après la récente phase de repli, reflétant les inquiétudes de la Fed et de la BCE concernant l'inflation, les marchés des taux d'intérêt de la zone euro et des États-Unis semblent avoir atteint un premier point de reprise. Les rendements allemands varient entre -1 pb (2 ans) et +2 pb (30 ans). Il est (beaucoup) trop tôt pour tirer des conclusions définitives. Les rendements américains varient de moins de 2 pb sur l'ensemble de la courbe. La croissance de l'emploi privé aux États-Unis, mesurée par l'enquête ADP de février, s'est établie à un solide 63k, mais a été largement ignorée, ce qui est compréhensible. L'ISM des services aux États-Unis pourrait connaître le même sort plus tard dans la journée. Sur les marchés des changes, la « course au refuge du dollar » marque une pause. Le DXY recule sous 99 (98.8). L'EUR/USD montre des signes timides de reprise après avoir touché un nouveau plus bas annuel hier (actuellement à 1.1635). Le yen s'est également légèrement apprécié (USD/JPY à 157.3 contre 157.75). Le ministre japonais des Finances, Katayama, a réaffirmé que le gouvernement pourrait intervenir pour contrer les mouvements de change excessifs.
Nouvelles Économiques et Réactions des Marchés
L'inflation en République tchèque a diminué de 0.1% en glissement mensuel en février, le chiffre global ralentissant encore en dessous de l'objectif d'inflation de 2% : de 1.6% en glissement annuel à 1.4% en glissement annuel. Les détails montrent que les prix des aliments et des boissons non alcoolisées ont chuté de 1.5% en glissement mensuel, la croissance annuelle des prix dans cette catégorie ralentissant de 1.3% à 0.4%. Les prix de l'énergie sont restés stables sur le mois, en baisse de 7.8% par rapport à l'année dernière. Les mesures de l'inflation de base sous-jacente restent obstinément supérieures à l'objectif de la CNB, se situant entre 2.7% en glissement annuel et 3.1% en glissement annuel. Les prix des biens tchèques ont chuté de 0.5% en février (-0.7% en glissement annuel), mais l'inflation des services reste extrêmement rigide à 0.5% en glissement mensuel et 4.5% en glissement annuel. Dans la tourmente mondiale, le marché tchèque n'a pas réagi aux chiffres plus favorables. Le vice-gouverneur de la Banque nationale tchèque, Frait, a déclaré aujourd'hui que les récents développements mondiaux pourraient limiter la marge de manœuvre pour un éventuel léger assouplissement de la politique monétaire tchèque si les grandes banques centrales s'abstiennent de baisser leurs taux d'intérêt. L'EUR/CZK se maintient aujourd'hui en dessous de la première résistance à 24.40.
En Suisse, les prix ont augmenté pour la première fois depuis juin, en hausse de 0.6% en glissement mensuel en février. Sur une base annuelle, la croissance des prix est restée la même à 0.1%. L'augmentation mensuelle est due à plusieurs facteurs, notamment la hausse des prix des locations de logements et du transport aérien. Les hôtels et autres fournisseurs d'hébergement ont également enregistré une augmentation des prix, tout comme les voyages à forfait internationaux. Les prix des aliments et des jus de légumes ont chuté. L'inflation de base suisse, hors produits frais et de saison, énergie et carburant, a augmenté de 0.2% en glissement mensuel et de 0.4% en glissement annuel. Les prix des biens ont augmenté de 0.2% en glissement mensuel (-1.4% en glissement annuel), tandis que les prix des services ont augmenté de 0.9% en glissement mensuel (1% en glissement annuel). Il s'agit de la dernière publication avant la réunion de mars de la BNS. La politique étant bloquée à la frontière de 0%, l'attention s'est récemment portée sur le taux du CHF, ce qui a incité la banque centrale à procéder à de fortes interventions verbales. Le vice-président de la BNS, Martin, a réaffirmé aujourd'hui cette volonté et cette disponibilité, qui sont plus fortes compte tenu des récents événements politiques. Le franc suisse se maintient néanmoins en dessous de 0.91 EUR/CHF à des niveaux historiquement élevés.
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