Conflit au Moyen-Orient : l'inflation persiste malgré la pause de la Fed
Le Canada à la croisée des chemins face au choc énergétique
La situation géopolitique au Moyen-Orient a pris le devant de la scène cette semaine, éclipsant les lueurs d'un ralentissement de l'inflation. Les frappes escalatoires visant les infrastructures énergétiques ont relancé la nervosité sur les marchés, maintenant le prix du baril de WTI à des niveaux élevés, aux alentours de 94 dollars au moment de la rédaction. L'incertitude plane désormais quant à l'ampleur et la durée de ce choc énergétique, faisant planer la menace d'une stagflation.
C'est d'autant plus regrettable que les ménages et les entreprises s'apprêtaient à respirer. Les données sur les ventes au détail publiées ce matin envoyaient des signaux encourageants. Les volumes réels ont enregistré une solide progression en janvier, portant le gain sur trois mois à 7,7% en rythme annualisé. Les estimations préliminaires de février suggéraient même une poursuite de cette dynamique. Après une année chaotique, l'économie canadienne semblait sur le point de tourner la page. Cependant, la flambée attendue des prix de l'essence et de l'énergie en mars va inévitablement assombrir ce tableau et rogner le pouvoir d'achat réel dans les mois à venir.
Sur le front de l'inflation, les nouvelles économiques de la semaine offraient un répit. Les indicateurs d'inflation sous-jacente à court terme montraient un net ralentissement des pressions inflationnistes. Les principales mesures se situaient globalement en ligne avec l'objectif de 2% sur une base annualisée à trois mois. Cette tendance positive s'inscrivait dans la durée, le taux de variation annualisé sur six mois pour les mesures de la Banque du Canada (BoC), le CPIX et l'IPC hors alimentation et énergie se situaient toutes autour de la cible.
Ces évolutions suggèrent que les autorités étaient bien parties pour atteindre l'objectif de 2% avant le récent choc. Les prix contenus à court terme, malgré les perturbations des chaînes d'approvisionnement dues aux tarifs douaniers, indiquent que l'économie fonctionnait avec une certaine capacité excédentaire. Un autre développement notable est le léger recul projeté de la population canadienne à partir de 2025. Si un déclin démographique peut potentiellement soulager la pression sur le marché du logement et freiner la croissance des loyers, il pourrait aussi entraîner un resserrement de l'offre de main-d'œuvre, limitant ainsi la capacité excédentaire.
Malgré ces facteurs contradictoires, une solide base de départ pour l'inflation et la présence d'une capacité excédentaire domestique confèrent à la BoC une marge de manœuvre appréciable pour naviguer le choc énergétique. Par conséquent, nous anticipons une hausse modérée des mesures d'inflation sous-jacente dans les prochains mois, avant une stabilisation vers 2027. En l'absence d'un net ralentissement économique, la BoC devrait maintenir ses taux directeurs inchangés pour une durée indéterminée.
Les États-Unis face à l'incertitude : la Fed en pause, l'inflation persiste
Les marchés financiers sont restés sous tension cette semaine, marqués par l'escalade du conflit au Moyen-Orient. L'incertitude s'est étendue aux approvisionnements physiques en énergie, au-delà des simples perturbations de transit. Les rapports faisant état de dommages sur des installations pétrolières et GNL clés dans le Golfe, dont la réparation pourrait prendre des mois, ont injecté une prime de risque persistante sur les marchés énergétiques. Les prix du pétrole ont connu des fluctuations quotidiennes importantes et restent bien supérieurs aux niveaux d'avant le conflit.
Cette dynamique est cohérente avec notre scénario de base, mais les risques de prix encore plus élevés s'accentuent. La hausse des prix de l'essence pèse sur les dépenses de consommation et l'incertitude prolongée accroît les risques de baisse dans les régions importatrices d'énergie. La Réserve Fédérale américaine (Fed) a maintenu son taux directeur stable, comme prévu, mais sa communication s'est voulue prudente. Le président Powell a reconnu la volatilité accrue découlant du conflit au Moyen-Orient, et les projections révisées indiquent une inflation plus élevée par rapport à décembre.
La Fed continue de signaler une seule baisse de taux cette année, reflétant la préoccupation que la hausse des prix de l'énergie puisse ralentir le processus de désinflation, à un moment où l'inflation sous-jacente s'avère déjà tenace. La réaction des marchés a renforcé ces craintes inflationnistes, les contrats à terme sur les fonds fédéraux commençant à intégrer un risque non négligeable que la prochaine décision de taux ne soit pas une baisse.
La Fed semble déterminée à préserver sa flexibilité, particulièrement face au risque qu'un choc énergétique prolongé puisse orienter l'économie vers une combinaison inconfortable de croissance ralentie et d'inflation plus ferme. Dans ce contexte, les marchés ont continué de repréciser les risques cette semaine en réponse à la hausse des prix de l'énergie et à une Fed plus prudente. Les marchés boursiers ont peiné à trouver leur stabilité, tandis que les rendements des bons du Trésor ont augmenté à mesure que les risques d'inflation refaisaient surface.
Les données économiques entrantes ont présenté un tableau mitigé. Les ventes de logements neufs ont chuté de manière significative en janvier, rappelant la vulnérabilité des secteurs sensibles aux taux d'intérêt face à des rendements plus élevés. Plus largement, le flux de données confirme que les conditions financières assument une part importante de l'ajustement à court terme, l'économie absorbant un nouveau choc externe. Pour la semaine à venir, l'attention restera indubitablement focalisée sur les développements au Moyen-Orient. Au-delà des gros titres, les investisseurs suivront également la réponse des responsables de la Fed à l'évolution de la situation ainsi que l'enquête de l'Université du Michigan sur le sentiment des consommateurs.
Perspectives et vigilance sur les marchés
Avec des prix de l'énergie et une volatilité élevés, ces données pourraient offrir des premiers indices quant à l'impact de l'actuel choc sur le sentiment des ménages ou les anticipations d'inflation. Un tel scénario compliquerait davantage le paysage politique monétaire. Les marchés devront rester attentifs aux indicateurs économiques clés, notamment ceux reflétant la consommation et l'inflation, tout en surveillant de près l'évolution de la situation géopolitique au Moyen-Orient.
Suivez les marchés en temps réel
Renforcez vos décisions d'investissement avec des analyses IA et des données en temps réel.
Rejoignez notre chaîne Telegram
Recevez les dernières actualités, analyses IA et signaux de trading directement sur Telegram.
Rejoindre
