Le dollar américain continue son ascension, quelles conséquences pour les marchés ?
Tensions sur les marchés obligataires et pétroliers
Les obligations d'État sont sous pression, le prix du baril de Brent se maintenant fermement au-dessus de la barre des 100 $, défiant les tentatives de le faire baisser. Une initiative récente du Trésor américain, visant à autoriser les pays à acheter du pétrole russe bloqué en mer, n'a pas réussi à apaiser les tensions. Les échanges complexes entre les États-Unis et l'Iran, notamment l'impact de ce dernier sur les chaînes d'approvisionnement, laissent penser que les prix du pétrole ne devraient pas baisser de sitôt. Pour ajouter à l'incertitude, l'ancien président américain Trump a émis un avertissement concernant un potentiel conflit avec l'Iran.
La courbe des taux allemande poursuit son aplatissement, les rendements à court terme augmentant jusqu'à 4 points de base. Le rendement allemand à 10 ans a clôturé à 2,96 %, son deuxième niveau le plus élevé depuis 2011, et vise désormais le seuil critique de 3 %. Au Royaume-Uni, on observe un passage d'un aplatissement à une légère pentification. Les anticipations d'inflation croissantes commencent à peser sur la partie longue de la courbe, en particulier en l'absence de réponses fortes de la politique monétaire. Les rendements britanniques ont connu des augmentations allant de 8,8 points de base (2 ans) à 9,6 points de base (30 ans).
Pour la première fois, les bons du Trésor américain subissent également d'importantes pressions vendeuses sur le front-end. Les marchés monétaires américains commencent à exclure des baisses de taux potentielles pour l'année. La courbe des taux américaine s'est aplatie, les rendements augmentant de 0,3 point de base (30 ans) à 9 points de base (2 ans). Techniquement, le rendement à 2 ans a franchi la résistance de 3,6 %, un seuil qui avait contenu les échanges depuis septembre de l'année dernière. Cette rupture coïncide avec une ligne de tendance baissière à plus long terme et la moyenne mobile sur 200 jours, ce qui constitue un développement techniquement significatif.
Domination du dollar et implications
La force du dollar se fait de plus en plus sentir. L'indice du dollar pondéré en fonction des échanges commerciaux a dépassé son plus haut niveau depuis le début de l'année, à 99,70, et vise désormais le pic de novembre, à 100,40. Ce matin, la paire EUR/USD a franchi le niveau de 1,15, le plus bas d'août, à 1,1392, étant désormais le prochain objectif clé. Un euro plus faible complique encore la tâche de la BCE, risquant d'exacerber les risques d'inflation à la hausse avant leur prochaine réunion. La paire USD/JPY est revenue aux niveaux de janvier, se négociant juste en dessous de 160, un niveau qui avait précédemment déclenché des vérifications de taux par la NY Fed et des discussions sur d'éventuelles interventions coordonnées. Actuellement, seules des mises en garde verbales émanent du Japon.
Le sentiment de risque souffre du conflit actuel. Les principaux indices européens ont enregistré des pertes de 0,5 % à 1 % hier, tandis que les pertes aux États-Unis ont dépassé 1,5 %. Ces dynamiques de marché sous-jacentes, à savoir des prix du pétrole élevés, des taux d'intérêt en hausse, un dollar plus fort et des actions plus faibles, devraient persister jusqu'à la fin de la semaine. Le calendrier économique d'aujourd'hui comprend les déflateurs PCE de janvier, où l'inflation des biens sera surveillée de près. L'enquête de mars de l'Université du Michigan auprès des consommateurs pourrait s'avérer plus importante du point de vue du marché. Les entretiens menés avant la publication suggèrent que les anticipations d'inflation pourraient être influencées par le conflit au Moyen-Orient, ce qui pourrait encore peser sur le sentiment obligataire. Les commandes de biens durables de janvier et les offres d'emploi JOLTS seront également publiées aujourd'hui, mais devraient passer au second plan.
Analyse et perspectives pour les investisseurs
Cette confluence de facteurs crée un environnement difficile pour les investisseurs. Un dollar fort exerce une pression sur les marchés émergents et les entreprises dont la dette est libellée en dollars. La hausse des rendements a un impact sur les portefeuilles à revenu fixe, et la volatilité des marchés boursiers exige une approche prudente. La flambée des prix du pétrole ajoute une pression inflationniste, compliquant les politiques des banques centrales. Plusieurs classes d'actifs sont directement touchées :
- EUR/USD : Une pression à la baisse supplémentaire est probable à mesure que le dollar se renforce.
- USD/JPY : Surveiller les risques d'intervention à mesure que la paire approche des niveaux clés.
- Brent Crude : Les développements géopolitiques continueront à influencer l'évolution des prix.
- Devises des marchés émergents : S'attendre à une volatilité accrue et à une dépréciation potentielle par rapport au dollar.
Les traders doivent surveiller de près les développements géopolitiques, les communications des banques centrales et les publications de données économiques clés. La gestion des risques est cruciale dans ce climat incertain. Envisager de couvrir l'exposition aux devises et de diversifier les portefeuilles afin d'atténuer les pertes potentielles. Le niveau de 3 % sur le rendement allemand à 10 ans et le niveau de 100,40 sur l'indice du dollar sont des niveaux clés à surveiller pour d'éventuelles ruptures.
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