PIB du Canada se contracte au T4: Analyse
Analyse de la performance économique
L'économie canadienne a connu un revers inattendu au dernier trimestre de l'année, avec un PIB en repli de 0,6 % en rythme annualisé. Ce chiffre est inférieur aux prévisions de la Banque du Canada, qui tablait sur une stagnation, et aux estimations consensuelles qui prévoyaient un recul plus modéré de 0,2 %. Sur l'ensemble de l'année 2025, l'économie canadienne a progressé de 1,7 %, un ralentissement par rapport au rythme de 2 % enregistré en 2024.
Une réduction substantielle des stocks a été le seul facteur à l'origine de la contraction globale, retranchant 4,2 points de pourcentage au chiffre global du PIB. Toutefois, une analyse plus détaillée révèle une image sous-jacente plus solide, la demande intérieure ayant fait preuve d'une résilience considérable, progressant de 2,4 % d'un trimestre à l'autre.
Analyse sectorielle
Les dépenses de consommation ont connu un regain notable au quatrième trimestre, augmentant de 1,7 % en rythme annualisé, après une contraction de 0,8 % au trimestre précédent. Ce rebond est en grande partie attribuable à l'augmentation des dépenses en services, qui ont progressé de 3,6 %. Inversement, les dépenses en biens durables ont poursuivi leur trajectoire descendante, chutant de 2,8 %, ce qui a entraîné une baisse globale des dépenses en biens de 0,9 %, marquant ainsi un deuxième trimestre consécutif de repli.
L'investissement dans l'immobilier résidentiel a connu une baisse de 4,4 %, après deux trimestres de forte croissance. Ce recul est attribuable à la réduction des coûts de transfert de propriété et des activités de rénovation, conjuguée à la faiblesse persistante des nouveaux projets de construction.
De même, l'investissement dans les structures non résidentielles s'est également contracté, enregistrant une baisse de 3,2 %. Sur une note positive, l'investissement des entreprises dans les machines, l'équipement et les produits de propriété intellectuelle a rebondi, signalant une reprise potentielle de l'investissement productif après une période d'hésitation prolongée de la part des entreprises.
Les dépenses publiques ont affiché une forte croissance, augmentant de 3,1 %. Cette augmentation a été stimulée par une forte hausse des investissements, qui sont passés à 20,4 %, contre 16,5 % au troisième trimestre, en raison de l'augmentation des investissements publics dans les systèmes de défense.
Dynamique commerciale et perspectives économiques
Le commerce net a contribué à hauteur d'environ 1,5 point de pourcentage à la croissance globale du PIB. La croissance des exportations s'est accélérée pour atteindre 6,1 %, contre 3,8 % au troisième trimestre. Les importations ont également rebondi, augmentant de 1,1 % après avoir connu l'une des plus fortes contractions trimestrielles de la période précédente.
Les données mensuelles du PIB ont indiqué une expansion de 0,2 % en décembre, dépassant légèrement les attentes consensuelles. Toutefois, les estimations préliminaires pour janvier suggèrent une croissance nulle, ce qui indique une perte de momentum au moment où le Canada entamait la nouvelle année.
Ces chiffres du PIB, plus faibles que prévu, renforcent l'opinion selon laquelle la Banque du Canada maintiendra probablement sa politique monétaire actuelle, le taux directeur restant à 2,25 %. Malgré la contraction, le rebond de la consommation et de l'investissement non résidentiel offre un certain espoir de stabilisation de la demande sous-jacente. Toutefois, la banque centrale restera probablement prudente, attendant d'autres preuves d'une reprise économique durable et d'une modération de l'inflation avant d'envisager tout ajustement de sa politique.
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