Réunion du FOMC: Powell face à un casse-tête économique complexe
Un contexte économique délicat pour la Fed
Les risques de stagflation planent sur l'économie américaine depuis la dernière réunion du FOMC en janvier. Une inflation persistante et un marché du travail qui montre des signes de faiblesse représentent le pire des scénarios pour le Comité, car cela met en tension son double mandat. Comment Jerome Powell et ses collègues vont-ils jongler avec ces risques ? Le consensus général anticipe un maintien des taux d'intérêt à leur niveau actuel, tout en conservant une flexibilité maximale.
Le conflit en Iran ajoute une couche d'incertitude, avec des prix du pétrole oscillant au gré des nouvelles. Au-delà de ce contexte géopolitique, les données clés du rapport mensuel sur l'emploi ont été mitigées. Les chiffres de janvier, avec de fortes créations d'emplois et un taux de chômage en baisse, ont été contrebalancés par un rapport de février beaucoup moins favorable. Au final, les conditions du marché du travail semblent globalement inchangées, tièdes et sans direction claire. De plus, aucun progrès significatif vers l'objectif d'inflation de 2% n'a été enregistré durant cette période. Les données récentes indiquent que l'inflation, mesurée par l'indice des dépenses de consommation personnelle (PCE), reste bloquée autour de 3%.
Le choc énergétique lié à la hausse des prix du pétrole va amplifier l'inflation globale et aura un impact limité sur l'inflation sous-jacente, tout en freinant la croissance économique. Les discours des membres de la Fed ont été partagés. Les gouverneurs Miran et Waller semblent peu convaincus par la stabilisation du marché du travail et souhaitent probablement ignorer le choc pétrolier lié à l'offre, une opinion que beaucoup partagent. Cependant, avec une inflation supérieure à 2% depuis six ans, certains faucons du Comité semblent se retrancher derrière leurs positions, face à un nouveau choc inflationniste.
Anticipations pour la réunion du FOMC
Le communiqué publié à l'issue de la réunion ne devrait pas connaître de changements majeurs. Il est probable qu'il mette en avant l'incertitude accrue liée au conflit en Iran. Il ne serait pas surprenant non plus que la formulation concernant les «signes de stabilisation» du chômage soit légèrement plus pessimiste. Les projections économiques du SEP (Summary of Economic Projections) devraient évoluer dans un sens stagflationniste. On s'attend à ce que les prévisions d'inflation du FOMC soient revues à la hausse, en partie à cause de la hausse des prix de l'énergie, et en partie à cause de la vigueur récente de certaines composantes de l'indice PCE sous-jacent. Cette inflation légèrement plus persistante devrait se prolonger jusqu'en 2027, repoussant d'autant le retour anticipé à 2,0%. Les prévisions de croissance du PIB pour 2026 devraient être revues à la baisse, tout en restant compatibles avec une croissance supérieure à la tendance. Les estimations médianes du taux de chômage devraient légèrement augmenter, en raison d'un environnement caractérisé par un faible niveau d'embauches et de licenciements.
Le principe de «ne pas nuire» devrait maintenir les «dots» (prévisions individuelles des membres du FOMC concernant les taux d'intérêt) inchangés. Il faudrait que deux «dots» baissent pour faire passer la médiane de 2026 de 3,375% à 3,125%, et trois qu'ils augmentent pour faire passer la projection médiane à 3,625%. Compte tenu de la tendance à la hausse des estimations d'inflation et à la baisse des prévisions de croissance, l'impact net devrait être un maintien des «dots» médians. En termes de balance des risques, on pourrait anticiper une surprise à la baisse des «dots». Cependant, il semble difficile d'envisager une surprise dans un sens accommodant, compte tenu de l'escalade des inquiétudes concernant l'inflation, même s'il s'agit d'un choc d'offre que la politique monétaire est mal équipée pour résoudre.
Implications pour les investisseurs et les marchés
Notre propre prévision reste de deux baisses de taux de 25 points de base en juin et en septembre. Nous nous attendons à ce que la Fed ralentisse ses achats d'actifs à un rythme de 20 à 25 milliards de dollars par mois. Il s'agirait d'un ralentissement par rapport au rythme actuel de 40 milliards de dollars par mois, qui a été largement anticipé par les responsables de la Fed. Ce ralentissement est une réponse au retour à un équilibre plus stable des marchés de financement. Étant donné que la Fed achète exclusivement des bons du Trésor, cela ne devrait pas avoir d'impact significatif sur les taux d'intérêt à long terme.
Pour les investisseurs, cette situation complexe appelle à la prudence. Les actifs refuges comme l'or (XAUUSD) pourraient bénéficier d'une aversion au risque accrue. Les marchés obligataires pourraient connaître une volatilité accrue en fonction des signaux envoyés par la Fed concernant sa politique de taux. Il sera crucial de surveiller de près les prix du pétrole (Brent, WTI), car ils influencent directement les anticipations d'inflation. Enfin, les devises, notamment l'EURUSD, pourraient réagir aux ajustements de la politique monétaire américaine par rapport à celle de la Banque Centrale Européenne (BCE).
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