Pétrole : Pourquoi le Brent peine à passer sous les 80$ malgré les espoirs sur Hormuz
Le marché pétrolier reste sur ses gardes face aux tensions au Moyen-Orient
Les marchés financiers ont réagi avec un optimisme prudent suite aux déclarations du Secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, suggérant un accord imminent entre les États-Unis et l'Iran pour rouvrir le détroit d'Ormuz. Cette annonce a brièvement fait chuter le prix du baril de Brent de près de 86$ à environ 80$, tout en stimulant les contrats à terme sur les actions et le sentiment de risque général. Cependant, un détail clé a émergé de cette réaction enthousiaste : le Brent n'a pas réussi à franchir décisivement le seuil des 80$. Cette hésitation suggère que les traders ne sont pas prêts à ignorer totalement la prime de risque géopolitique, malgré les signaux diplomatiques positifs.
La réaction immédiate du marché a traduit un soulagement face à l'idée que la diplomatie pourrait progresser. Néanmoins, le marché pétrolier semble peu convaincu qu'une résolution durable soit à portée de main. La divergence entre le discours optimiste de Washington et les exigences non résolues de l'Iran concernant les péages et la souveraineté sur le détroit d'Ormuz demeure une source d'incertitude significative.
La question des péages et de la souveraineté sur Ormuz persiste
Le point crucial qui manque à l'équation est celui des péages et du contrôle souverain du détroit d'Ormuz. Interrogé directement sur la possibilité que l'Iran conserve le droit de taxer les navires commerciaux pour le passage, M. Bessent a plutôt affirmé que tout accord garantirait la « liberté de circulation » dans cette voie navigable vitale. Cette formulation laisse une marge d'interprétation considérable. La liberté de circulation n'implique pas nécessairement un passage gratuit, et elle n'aborde pas explicitement la position de longue date de Téhéran, qui entend conserver son contrôle souverain et ses droits de péage une fois les arrangements temporaires expirés. Tant que cette question fondamentale ne sera pas résolue, le fossé entre les messages optimistes de Washington et les objectifs publiquement déclarés de l'Iran restera béant.
Les marchés ont déjà connu des situations similaires par le passé. L'administration Trump a à plusieurs reprises laissé entendre qu'une percée avec l'Iran était proche, pour finalement voir les négociations s'enliser et les tensions militaires s'intensifier. Cette histoire explique en partie pourquoi le Brent a trouvé des acheteurs près du plus bas de la semaine précédente à 80$, au lieu de poursuivre sa baisse. Les investisseurs semblent disposés à réduire la prime de risque immédiate, mais pas à l'éliminer sans confirmation de la part de Téhéran ou sans preuves tangibles que le transport maritime commercial reprend sous des termes mutuellement acceptés.
Réactions sur les marchés des devises et perspectives
Malgré cette prudence sur le marché pétrolier, le sentiment général du marché est resté constructif. Les devises liées aux matières premières et sensibles à la croissance ont le plus bénéficié de l'amélioration de l'appétit pour le risque, avec le dollar australien (AUD) et le dollar néo-zélandais (NZD) en tête des gains. L'attention se tourne désormais vers le rapport sur le marché du travail néo-zélandais au deuxième trimestre. Étant donné que l'inflation dépasse déjà les prévisions de la Reserve Bank of New Zealand (RBNZ) et que les pressions sur les prix intérieurs restent élevées, un rapport sur l'emploi qui correspond simplement aux attentes, plutôt que de les dépasser, pourrait suffire à renforcer les attentes d'une nouvelle hausse des taux et à prolonger la surperformance du Kiwi face à l'Aussie.
À l'autre extrémité du spectre, le dollar japonais (JPY) a été le plus faible de la journée, les gains récents liés aux interventions commençant à s'estomper. Le dollar canadien (CAD) a également sous-performé, les prix du pétrole en baisse pesant sur le sentiment. L'euro, la livre sterling et le franc suisse ont largement oscillé sans direction claire les uns par rapport aux autres, les marchés attendant le prochain catalyseur décisif. La date butoir pour un potentiel accord, évoquée par Bessent pour mardi ou mercredi, rendra toute confirmation de la part de Téhéran, ou des preuves tangibles de la reprise du trafic dans le détroit d'Ormuz, le prochain véritable catalyseur pour le pétrole. Sur le marché des changes, le rapport sur le marché du travail néo-zélandais au T2 déterminera si le Kiwi peut prolonger sa surperformance face à l'Aussie.
Les réactions des marchés suite aux commentaires de Bessent sur Ormuz ont été significatives : le Brent est passé d'environ 86$ à près de 80$, les futures sur actions ont grimpé de plus de 1%, et le rendement des Treasuries à 10 ans a glissé à environ 4,66%. La réticence du Brent à passer sous les 80$ signale que les traders ne sont pas prêts à ignorer totalement le risque géopolitique. La question des péages et de la souveraineté d'Ormuz reste irrésolue, Bessent ayant évoqué une « liberté de mouvement » sans préciser les conditions de passage ou le contrôle iranien. L'histoire récente de négociations échouées avec l'Iran explique la prudence des marchés. Les devises des matières premières comme l'AUD et le NZD ont mené les gains, tandis que le JPY a souffert du dégonflement des gains liés aux interventions.
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