L'optimisme de Trump propulse les marchés, un accord de paix en Iran se profile
Un changement de cap diplomatique inattendu
Qui d'autre que Donald Trump pour donner un coup de fouet aux marchés boursiers à l'approche du week-end, et ce, juste avant l'introduction en bourse de SpaceX, qui s'annonce comme la plus importante de l'histoire ? Le sentiment s'est amélioré de manière spectaculaire et rapide après que le président américain a fait marche arrière hier sur sa menace de frapper durement l'Iran et de s'emparer de son île énergétique de Kharg. Au lieu de cela, il a annoncé la fin de la guerre avec un accord qui devrait bientôt être signé. Le laps de temps entre ces deux annonces n'était que de quelques heures.
Wall Street a grimpé jusqu'à 2,5%. Les marchés boursiers européens, bien qu'ayant raté ce rallye initial, ont rattrapé le coup aujourd'hui avec un gain de 1,5%. Concernant le potentiel accord de paix intérimaire, il semble que l'optimisme affiché par Trump soit partagé par les responsables iraniens. Un haut responsable a même indiqué qu'il pourrait être signé dès dimanche, en marge d'un sommet du G7 qui se tient à Genève du 15 au 17 juin. Les dispositions rapportées incluent, entre autres, une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours, la réouverture du détroit d'Ormuz dans le mois suivant la signature, le déblocage des fonds iraniens, un réengagement de l'Iran à ne pas posséder d'armes nucléaires, la fin du blocus américain et le retrait des troupes.
La communication officielle iranienne demeure cependant plus prudente, les médias d'État locaux émettant les habituelles réserves. Dans tous les cas, les prix du Brent ont chuté hier et aujourd'hui, le baril se négociant désormais à 87,7 $. Cette baisse du pétrole a également entraîné une diminution des rendements obligataires de référence. Le marché obligataire européen a d'abord vu sa partie courte chuter de 10 points de base avant de réduire ses pertes de moitié, suggérant que des doutes persistent. Les rendements à plus long terme se maintiennent mieux, avec des variations quotidiennes nettes comprises entre -0,1 et -2,5 points de base sur les maturités allemandes de 10 à 30 ans. Les taux américains avaient déjà intégré la nouvelle hier. Ils se négocient de nouveau à la hausse aujourd'hui (1 à 3 points de base).
Dynamiques des marchés des changes et perspectives des banques centrales
Le dollar américain conserve sa suprématie sur les marchés des devises, apparemment soutenue par la sous-performance des bons du Trésor américain, alors que le sentiment de risque est solide et que les prix du pétrole ont baissé. Cela dit, la paire EUR/USD ne récupère qu'environ la moitié de son appréciation d'hier pour se négocier actuellement autour de 1,156. L'indice DXY progresse vers 99,8. La paire USD/JPY dépasse le seuil psychologique de 160, un niveau qui pourrait ou non provoquer de nouvelles interventions de la part des décideurs politiques japonais.
La Banque Centrale Européenne (BCE) a été la première banque centrale du G7 à réagir à la flambée de l'inflation plus tôt cette semaine. La semaine prochaine, la Banque d'Angleterre et la Fed prendront le relais. La BoE devrait maintenir ses taux directeurs inchangés, comptant sur une politique monétaire toujours restrictive pour produire les effets escomptés. Les marchés se préparent à une Fed plus hawkish, qui maintiendra très probablement ses taux stables mais abandonnera son biais accommodant. L'attention se portera sur la conférence de presse, la première sous la direction du nouveau président, Warsh. La BoJ se prépare à une hausse de ses taux (à 1%), tout comme la banque centrale tchèque.
La Banque Nationale de Belgique a publié aujourd'hui une mise à jour de ses prévisions pour l'économie belge. Le choc de la guerre en Iran entraîne une inflation moyenne de 3,4% en 2026, principalement en raison de la hausse des prix du pétrole. Elle devrait progressivement revenir à 2% en 2028. La croissance du PIB devrait chuter temporairement à 0,6% en 2026, contre 1% l'année dernière, mais devrait remonter à 1,3% en 2028. Selon les projections, le déficit budgétaire s'élargira davantage d'ici 2028 en raison de la hausse des charges d'intérêt. L'impact des mesures de consolidation budgétaire étendues sera largement compensé par le vieillissement de la population, les dépenses de défense croissantes et le déclin des recettes.
La NBB s'attend désormais à ce que le déficit budgétaire passe de 5,2% du PIB en 2025 à 5,7% du PIB d'ici 2028, faisant grimper le ratio d'endettement à près de 115% en 2028. À cet égard, le journal belge De Tijd cite le gouverneur de la NBB, Wunsch, affirmant que le gouvernement belge doit trouver des économies et/ou des revenus supplémentaires d'un montant de 14 milliards d'euros pour limiter le déficit.
La perspective des cambistes et des analystes
Le revirement diplomatique du président Trump a créé une onde de choc positive sur les marchés, réduisant soudainement les primes de risque géopolitique. Les traders surveilleront de près la confirmation de l'accord irano-américain, car tout signe de déraillement pourrait rapidement ramener la volatilité sur le marché pétrolier et les actions. La baisse des rendements obligataires, bien que modérée dans les maturités longues, reflète une certaine détente. Cependant, la divergence entre les taux américains et européens, ainsi que la force persistante du dollar, indiquent que les tensions sous-jacentes sur les marchés des changes demeurent.
Les banques centrales continuent de jouer un rôle clé. Alors que la BCE a déjà agi face à l'inflation, l'anticipation d'une Fed plus hawkish et d'une possible hausse des taux par la BoJ et la banque centrale tchèque ajoutent de la complexité. Les cambistes devront évaluer l'impact de ces politiques monétaires divergentes sur les paires de devises majeures, notamment EUR/USD et USD/JPY. La force du dollar américain, malgré la baisse du pétrole, suggère que les flux de capitaux vers les actifs américains restent importants. La paire USD/JPY au-delà de 160 reste un point de vigilance, les interventions potentielles des autorités japonaises pouvant introduire une volatilité supplémentaire.
Les données économiques belges, notamment les projections d'inflation et de croissance, ainsi que l'évolution du déficit budgétaire, méritent également une attention particulière. Les analystes financiers suivront de près la capacité du gouvernement belge à maîtriser ses finances publiques, un élément crucial pour la stabilité économique à moyen terme. La nécessité de trouver 14 milliards d'euros d'économies ou de recettes supplémentaires souligne les défis budgétaires auxquels le pays est confronté.
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