Les marchés boursiers atteignent de nouveaux sommets malgré des données économiques contrastées - Économie | PriceONN
Les actions américaines ont atteint des records historiques début août, tandis que le Canada affiche une résilience économique notable grâce à un marché de l'emploi dynamique, malgré des indicateurs mixtes.

Le Canada affiche une solide performance économique au troisième trimestre

Le marché de l'emploi canadien a démarré le troisième trimestre sur une note positive, avec une création d'emplois de 75 000 postes en juillet. Ces gains, largement répartis entre le secteur privé et les postes à temps plein et à temps partiel, témoignent d'une vigueur économique persistante. Le taux de chômage a ainsi reculé à 6,4%, son plus bas niveau depuis 2024, et ce, malgré une augmentation simultanée de la population active et du taux de participation. Les heures travaillées ont également progressé de 0,6% sur un mois, un indicateur prometteur pour le produit intérieur brut mensuel.

Ces excellents chiffres de l'emploi s'ajoutent aux données préliminaires du secteur immobilier, qui suggèrent une quatrième hausse consécutive des ventes en juillet. Cette amélioration pourrait être attribuée à une meilleure accessibilité financière, notamment en Ontario. La Banque du Canada (BoC) anticipait une croissance annualisée de 1,5% pour le troisième trimestre, une prévision qui semble désormais bien ancrée, surtout après une performance robuste au deuxième trimestre, comme en témoigne le rapport sur le commerce extérieur. Le surplus commercial des marchandises du Canada s'est élargi pour le quatrième mois consécutif en juin, grâce à une augmentation des exportations de 1% en volume, tandis que les importations ont diminué de 1,5%. Pour l'ensemble du T2, les exportations de biens ont grimpé de plus de 20% en rythme annualisé.

Malgré ces indicateurs encourageants, la BoC devrait maintenir son taux directeur inchangé lors de sa réunion du 2 septembre. Les économistes soulignent que des risques commerciaux notables persistent, notamment la menace de tarifs douaniers américains. De plus, l'inflation sous-jacente reste maîtrisée, et le marché de l'emploi, bien qu'en amélioration, n'est pas encore totalement sorti de l'incertitude.

Les États-Unis naviguent entre records boursiers et pressions inflationnistes

Début août, les marchés boursiers américains ont atteint de nouveaux sommets, le S&P 500 enregistrant une hausse de 3,5% sur la semaine. Cette performance s'est déroulée dans un contexte de repli des prix du pétrole, suite à des rumeurs d'un accord potentiel pour la reprise du transit dans le détroit d'Ormuz, l'Oman et l'Iran étant en négociation. Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans a également baissé d'environ 10 points de base.

Les indices ISM pour le secteur manufacturier et les services ont indiqué une poursuite de l'expansion en juillet. Cependant, des coûts des intrants élevés, reflétés par l'indice des prix payés restant proche d'un sommet de quatre ans, signalent des pressions inflationnistes persistantes. Le secteur manufacturier, bien qu'en expansion, pourrait connaître un rythme plus modéré que ne le suggère l'indice principal, une partie de l'amélioration provenant de ralentissements dans les livraisons de fournisseurs pouvant aussi indiquer des contraintes d'approvisionnement.

Le rapport sur l'emploi de juillet a montré une perte de 23 000 postes, un chiffre principalement attribuable à une baisse marquée dans les services éducatifs des gouvernements locaux, probablement liée à des facteurs saisonniers. Le secteur privé a créé 30 000 emplois, maintenant une tendance stable, et le taux de chômage a légèrement baissé à 4,1%. La Réserve fédérale (Fed) est donc confrontée à une économie au marché de l'emploi stable mais avec des pressions inflationnistes résiduelles. Les déclarations de plusieurs membres du FOMC ont souligné la nécessité potentielle de poursuivre le resserrement monétaire. Les marchés anticipent désormais une probabilité accrue d'une hausse des taux en septembre, avec des cotes autour de 60% pour un statu quo.

Perspectives et Implications pour les Marchés

La divergence entre la vigueur du marché de l'emploi canadien et les données économiques américaines mitigées crée un environnement complexe pour les investisseurs. Au Canada, la solidité de l'emploi et du commerce soutient la confiance, mais la BoC reste prudente face aux incertitudes commerciales et à une inflation maîtrisée. Les rendements obligataires canadiens à 10 ans, autour de 3,65%, reflètent cette prudence.

Aux États-Unis, la Fed est aux prises avec un dilemme : un marché du travail stable mais une inflation tenace. La publication prochaine de l'indice des prix à la consommation (IPC) pour juillet sera déterminante, avec des prévisions tablant sur une accélération à 3,5% en glissement annuel. Les opérateurs de marché surveilleront attentivement tout signe de persistance de ces pressions inflationnistes, qui pourrait forcer la Fed à agir malgré la faiblesse relative de certains indicateurs, comme la perte d'emplois dans le secteur public.

La relation entre le pétrole et les indices boursiers reste un point de vigilance. Le repli récent du brut, potentiellement lié à des développements diplomatiques, a soutenu les actions, mais une reprise des tensions dans le Golfe Persique pourrait rapidement inverser cette tendance, impactant l'inflation et les anticipations de taux d'intérêt. Les cambistes, quant à eux, observent la réaction du dollar américain face à ces développements, ainsi que la force du dollar canadien (loonie) suite aux données d'emploi.

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