Banque de Réserve de Nouvelle-Zélande : les hausses de taux s'allègent face à la détente des prix de l'énergie
Unårspect plus clément pour la politique monétaire
Les développements récents signalent un retour de la Banque de Réserve de Nouvelle-Zélande (RBNZ) vers des perspectives de taux d'intérêt directeurs (OCR) plus modérées, rappelant les prévisions de février. Cette révision s'appuie sur la résolution étonnamment rapide des tensions en Iran et la conséquence directe, une diminution substantielle des prix du pétrole brut, des carburants raffinés et des matières premières associées. Cette détente des prix de l'énergie modifie significativement le paysage inflationniste, amenant les analystes à réajuster leurs projections.
Désormais, l'inflation globale devrait atteindre un pic de 4.0% au cours du trimestre de juin, avant de s'établir à 3.5% fin 2026. Ce chiffre pourrait même être revu à la baisse si la tendance actuelle de recul des cours du pétrole se maintient. Parallèlement, les prévisions de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) pour 2026 sont relevées à 2.0%, contre 1.5% précédemment, bien que cela demeure inférieur aux estimations d'avant le conflit.
Réajustement des perspectives économiques et monétaires
La RBNZ maintiendra probablement son taux directeur à 2.25% lors de la réunion du 8 juillet, une décision qui s'annonce moins controversée qu'en mai, potentiellement par consensus. Le resserrement monétaire devrait débuter en septembre, mais avec une seule hausse supplémentaire anticipée pour le reste de l'année, probablement en décembre. Cette trajectoire implique une hausse de taux de moins en 2026 par rapport aux prévisions antérieures, justifiée par un profil d'inflation plus élevé sur le début de l'année 2026.
Le pic anticipé de l'OCR est désormais fixé à 4%, maintenant le schéma des ajustements monétaires jusqu'en 2027. Ce plafond plus bas reflète l'hypothèse d'un choc d'offre lié au pétrole moins important et de plus courte durée. Les risques pesant sur ce scénario dépendront de la rapidité de la reprise économique au second semestre 2026 et du rythme de désinflation sous-jacente. Le dollar néo-zélandais reste exposé à des risques baissiers, les différentiels de taux d'intérêt avec les États-Unis et l'Australie pesant sur la parité.
Un environnement économique en mutation
Depuis début mai, de nombreux changements sont intervenus, dépassant l'appréciation du marché qui continue d'intégrer une hausse de taux de la RBNZ en juillet. La diminution des tensions dans le Golfe Persique a ouvert la voie à un retour plus rapide des flux maritimes dans le détroit d'Ormuz, favorisant le commerce du pétrole, des produits pétrochimiques et du gaz naturel. Bien qu'il soit prématuré de conclure à une résolution durable des tensions régionales, les efforts diplomatiques suggèrent une perspective de cessez-le-feu et de normalisation des flux commerciaux.
Les hypothèses clés mises à jour concernent les prix du pétrole et des carburants raffinés. Ces derniers ont convergé plus rapidement que prévu vers des niveaux qui n'étaient pas anticipés avant mi-2027. Le baril de Brent se négocie autour de 73 USD, proche des niveaux d'avant-conflit, avec une prévision de 69 USD d'ici 2027. Les prix des carburants raffinés, bien qu'en baisse plus graduelle, sont passés de 195 USD en mars à 110 USD actuellement, contre 92 USD avant le conflit. Ils devraient continuer à diminuer pour atteindre 102 USD d'ici fin 2026 et 90 USD d'ici fin 2027.
Reprise de la croissance et inflation maîtrisée
Les prévisions de croissance du PIB pour le trimestre de juin et le second semestre 2026 ont été revues à la hausse, reflétant un redressement anticipé de l'économie avec la dissipation du choc pétrolier. La croissance du PIB pour 2026 est désormais projetée à 2.0% et à 2.9% pour 2027. Les données récentes indiquent que l'économie a mieux résisté que prévu au choc pétrolier en avril et mai. La contraction du PIB pour le trimestre de juin est estimée à 0.1%, contre -0.3% initialement prévu. La croissance trimestrielle devrait passer à 0.6% et 0.7% aux troisième et quatrième trimestres, contre 0.4% et 0.6% précédemment.
Concernant le marché du travail, un pic plus bas et un retournement plus rapide du taux de chômage sont attendus. L'emploi devrait rester stable au T2, mais le taux de chômage pourrait remonter à 5.4% avant de diminuer progressivement. Le marché immobilier devrait connaître une légère amélioration, avec une croissance des prix des logements de 0.6% en 2026 et 2% en 2027, soutenue par une amélioration du sentiment des consommateurs et des taux hypothécaires plus bas.
L'inflation globale devrait culminer à 4.0% au trimestre de juin, en baisse par rapport aux 4.5% prévus en mai, et ralentir à 3.5% au T4, potentiellement moins si les prix du pétrole restent bas. Cette trajectoire est bien inférieure aux projections de la RBNZ. Les prix à la pompe ont déjà diminué, le sans-plomb 91 étant tombé à 3.02 NZD/litre et le diesel à 2.56 NZD/litre. Ces baisses ont directement réduit notre prévision d'inflation de fin d'année d'environ 0.5 point de pourcentage, les effets de second tour étant également révisés à la baisse.
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