Fed, BoE, BoJ : Les banques centrales sous tension inflationniste à l'approche des décisions clés - Forex | PriceONN
Alors que les tensions géopolitiques ravivent les craintes d'inflation, la Fed, la BoE et la BoJ s'apprêtent à annoncer leurs décisions. Les marchés revoient déjà leurs anticipations de taux d'intérêt.

La Fed au centre des attentions, les marchés anticipent de nouvelles hausses

Cette semaine s'annonce cruciale pour les marchés financiers mondiaux, avec plusieurs banques centrales majeures s'apprêtant à communiquer leurs décisions, dans un contexte de regain des tensions inflationnistes. La Réserve fédérale américaine (Fed) sera particulièrement scrutée mercredi. Les marchés monétaires intègrent désormais pleinement une hausse de taux de 25 points de base en septembre, et une autre est envisagée pour mars. Plus encore, une probabilité non négligeable de 35% existe quant à une décision imminente dès cette semaine.

Ces anticipations s'animent dans un climat d'incertitude géopolitique exacerbé par les tensions au Moyen-Orient et la nouvelle salve de tarifs douaniers américains annoncée par le Président Trump. Bien que les dernières données sur l'inflation américaine aient montré un ralentissement plus marqué que prévu en juin, ces événements ravivent les craintes d'une flambée incontrôlable des prix. La récente fermeture du détroit d'Ormuz et la remontée subséquente des prix du pétrole alimentent ces inquiétudes.

La décision de la Fed, même si elle ne se traduit pas par une hausse immédiate, pourrait orienter les rendements des bons du Trésor à la hausse, soutenant ainsi le dollar américain. L'or pourrait en pâtir, le coût d'opportunité de détenir le métal précieux augmentant. Cependant, la communication de la Fed pourrait manquer de clarté, notamment en l'absence de nouvelles projections de taux directeurs. Si une hausse est décidée cette semaine, les mouvements de marché seront amplifiés.

Le lendemain de la décision de la Fed, les données sur l'inflation PCE (dépenses de consommation personnelles) pour juin seront publiées. Bien qu'il s'agisse des indicateurs d'inflation favoris de la Fed, leur impact pourrait être limité, car ils reflètent une période antérieure aux récentes escalades géopolitiques et à la hausse des prix du pétrole. De plus, les chiffres de l'IPC (indice des prix à la consommation) ont déjà donné une indication.

La Banque d'Angleterre et la Banque du Japon face à des dilemmes monétaires

Jeudi, le flambeau passera à la Banque d'Angleterre (BoE). Lors de sa réunion de juin, les taux ont été maintenus inchangés, mais deux membres du comité de politique monétaire (MPC) avaient voté pour une hausse de 25 points de base. Les marchés anticipaient une hausse en novembre. Cependant, les dernières données d'IPC britannique ont montré une inflation sous-jacente stable à 2,6%, malgré la baisse des prix du pétrole. Des commentaires de membres du MPC, soulignant les risques inflationnistes, ont fait grimper à 75% la probabilité d'une hausse en septembre, avec une autre attendue en décembre.

Pour que la livre sterling profite de cette réunion, la BoE devra signaler clairement une hausse imminente, soit par un vote plus partagé, soit par des déclarations de son gouverneur. Pendant ce temps, la Banque du Japon (BoJ) pourrait être appelée à la rescousse du yen. Lors de sa dernière réunion, la BoJ a relevé son taux directeur à 1%, un sommet en 30 ans, anticipant une inflation nettement supérieure à 2% jusqu'en 2027. Plusieurs banquiers centraux ont adopté une posture hawkish, suggérant des hausses de taux régulières. Des rapports récents indiquent même que des responsables de la BoJ envisagent d'accélérer le rythme des hausses si les pressions inflationnistes s'intensifient.

Malgré ce ton hawkish, le yen n'a pas profité de la situation. Les investisseurs doutent de la capacité de la BoJ à durcir sa politique, notamment face aux appels du Premier ministre Takaichi à maintenir des taux bas. Les nominations futures au sein du conseil d'administration de la BoJ pourraient favoriser une politique plus accommodante. Par conséquent, toute hausse du yen pourrait être limitée et de courte durée. Les données d'IPC de Tokyo pour juillet seront un indicateur clé avant l'annonce de la BoJ.

Autres indicateurs et résultats d'entreprises sous les feux des projecteurs

Au-delà des annonces des banques centrales, d'autres données économiques sont attendues. L'Australie publiera son IPC du deuxième trimestre, tandis que la zone euro dévoilera son PIB préliminaire et son IPC flash pour juin. Les marchés anticipent une probabilité d'environ 40% de hausse des taux de la Banque de Réserve d'Australie. Pour la zone euro, la Banque Centrale Européenne (BCE) a adopté une posture attentiste, laissant planer le doute sur le calendrier de ses futures hausses de taux, surtout si les données de PIB et d'IPC s'avèrent faibles.

La Chine annoncera ses données PMI officielles pour juillet vendredi. Parallèlement, les résultats des géants de la technologie comme Microsoft, Meta, Amazon et Apple, ainsi que des fabricants de puces ARM et Qualcomm, seront publiés. Les précédents résultats ont déjà mis en lumière les inquiétudes concernant les dépenses massives dans l'intelligence artificielle qui ne se traduisent pas encore par une rentabilité accrue. La récente chute de Tesla et d'Alphabet après leurs publications illustre cette nervosité. Ces résultats pourraient peser sur le sentiment général à Wall Street.

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