Les marchés obligataires européens sous pression, l'aube d'une nouvelle ère budgétaire au Royaume-Uni
Marchés obligataires sous tension, le pétrole et l'inflation en ligne de mire
La séance de vendredi a vu les marchés obligataires européens céder du terrain, dans un contexte marqué par l'absence des investisseurs américains en raison du congé du Juneteenth. Dès l'ouverture, les Bunds allemands ont affiché une faiblesse immédiate, réagissant à une appréciation de 3 $ du prix du pétrole survenue après la clôture européenne la veille. Si les rendements à court terme sont restés globalement stables par la suite, la partie longue de la courbe a accentué sa dépréciation tout au long de la journée. Les primes de risque liées à l'inflation pourraient être le facteur déterminant.
Les négociations entre les États-Unis et l'Iran ont déjà rencontré un obstacle moins d'une journée après la signature d'un mémorandum d'entente, en raison des combats persistants entre Israël et le Hezbollah basé au Liban. Les taux allemands ont finalement augmenté de 3,9 à 7 points de base dans un mouvement de 'bear steepening' (pentification de la courbe en territoire baissier). Les gilts britanniques ont sous-performé, affichant des hausses de rendement comprises entre 6,9 et 8,5 points de base. Outre le pétrole, des données budgétaires britanniques préoccupantes ont alimenté ce mouvement.
Incertitudes politiques et budgétaires au Royaume-Uni pèsent sur la livre
Ces chiffres budgétaires soulignent le contexte difficile que le futur Premier ministre, M. Burnham, s'apprête à hériter de M. Starmer. L'entourage de ce dernier s'attend à ce qu'il annonce un calendrier pour son départ du pouvoir, potentiellement dès aujourd'hui, suite à la victoire de Burnham lors de l'élection partielle de Manchester et à sa sécurisation d'un siège au parlement. La livre sterling, pour l'instant, maintient son calme. La paire EUR/GBP a clôturé vendredi en baisse aux alentours de 0,8667. Le cross a ouvert en gap haussier ce matin, anticipant la sortie imminente de Starmer, mais a rapidement effacé ses gains. Il s'échange actuellement autour de 0,867. L'incertitude politique et budgétaire pourrait néanmoins maintenir les actifs britanniques sous pression.
La paire EUR/USD a rebondi depuis ses plus bas intrajournaliers à 1,1418 pour s'établir autour de 1,146 à l'approche du week-end. La perspective technique demeure fragile. Bien qu'il soit encore tôt dans la séance, il est notable que la paire enregistre une légère baisse malgré un environnement de risque asiatique relativement constructif et une baisse du prix du pétrole.
Perspectives des devises et des matières premières, suivi des indicateurs clés
Le pétrole Brent s'est replié à 78,8 $ ce matin après avoir ouvert sur un sommet à 82,3 $. Les négociations entre les États-Unis et l'Iran ont généré les titres contradictoires attendus, mais selon le ministre iranien des Affaires étrangères, des médiateurs pakistanais et qataris ont fait état de progrès, notamment concernant les combats au Liban. Ce flux d'informations contradictoires est appelé à perdurer et ne diffère guère de la situation précédant le mémorandum d'entente.
Le dollar américain conserve également l'avantage face au JPY. La paire USD/JPY a abordé le week-end sans changement notable à 161,3, mais progresse dans les échanges asiatiques ce matin vers 161,7. Nous surveillerons les interventions potentielles sur le marché des changes (ou leurs menaces) pour cette paire, qui a franchi jeudi le seuil psychologique des 160. Les États-Unis reviennent d'un long week-end aujourd'hui. Les Treasuries américains, dans un mouvement de rattrapage, perdent un peu de terrain, poussant les rendements à la hausse entre 1,7 et 4,5 points de base. Le calendrier économique est quasi vide aujourd'hui, préparant le terrain pour des échanges axés sur des facteurs techniques.
Les indices PMI de juin mardi et l'inflation PCE de mai aux États-Unis jeudi constituent des données clés à surveiller cette semaine. Ces dernières pourraient alimenter les paris persistants sur une hausse des taux de la Fed, suite à la réunion du FOMC la semaine dernière. Une première hausse est pleinement intégrée pour septembre. La présidente de la BCE, Mme Lagarde, est attendue pour une double intervention aujourd'hui. M. Waller de la Fed discutera du rôle international du dollar américain. Dans une perspective plus large, le nombre limité d'interventions de la Fed est notable et pourrait déjà résulter du nouveau régime de la Fed axé sur le 'moins, c'est mieux'.
Perspectives des analystes et implications pour les traders
Le Premier ministre irlandais, M. Martin, a déclaré dans une interview qu'il croyait qu'un accord sur l'union européenne de l'épargne et de l'investissement pourrait être trouvé d'ici la fin de l'année. L'Irlande prendra la présidence tournante de l'UE au second semestre 2026 et espère jouer un rôle dans sa réalisation. Les six plus grandes économies de l'UE ont déjà créé un groupe informel pour accélérer l'intégration des marchés de capitaux. Une proposition visant à centraliser la supervision des entités financières clés est au cœur de cette union. Les autres piliers visent à accroître la participation des particuliers aux marchés de capitaux, à améliorer l'accès des entreprises au financement et à surmonter la fragmentation.
La vice-gouverneure tchèque, Mme Zamrazilova, a qualifié la hausse des taux de la semaine dernière de "réaction prospective" visant à minimiser tout effet de second tour potentiel. Les risques incluent une croissance rapide des salaires, particulièrement dans le secteur des services, une hausse des loyers et l'augmentation des crédits à la consommation ces derniers mois. Elle a ajouté qu'"à l'heure actuelle, nous ne considérons pas cela comme le début d'un nouveau cycle de resserrement monétaire". La Banque Nationale Tchèque (CNB) ne s'engage pas et laisse toutes les options ouvertes en fonction des données économiques entrantes.
Les marchés obligataires européens semblent réagir à un risque d'inflation plus persistant, alimenté par des tensions géopolitiques et des données budgétaires moins favorables au Royaume-Uni. Les traders devraient surveiller de près les publications PMI et PCE cette semaine pour anticiper les prochaines décisions de la Fed. La volatilité sur le marché des changes, notamment sur la paire USD/JPY, reste élevée en raison des interventions potentielles de la Banque du Japon.
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