Le PIB de juin, véritable juge de paix pour la livre sterling - Forex | PriceONN
Alors que la Banque d'Angleterre adopte une posture plus ferme, la livre sterling pourrait voir son élan freiné par des données de croissance décevantes en juin, éclipsant le tableau plus flatteur du PIB du deuxième trimestre.

La livre sterling portée par un discours plus ferme de la BoE

La livre sterling a connu une légère appréciation face à l'euro et au franc suisse cette semaine, soutenue en partie par un ton de plus en plus restrictif au sein de la Banque d'Angleterre (BoE). Lors de la réunion du 30 juillet, le Comité de politique monétaire (MPC) a voté 6 voix contre 3 pour le maintien du taux directeur à 3,75%. Megan Greene, Catherine Mann et Huw Pill se sont prononcés en faveur d'une hausse à 4,00%. Bien que le gouverneur Andrew Bailey soit resté prudent, minimisant les attentes d'une action imminente, la tendance des votes ne peut être ignorée. Le nombre de voix dissidentes en faveur d'une hausse s'est accru à chaque réunion cette année : 8-1 en avril, 7-2 en juin, et 6-3 en juillet. Ce schéma suggère un rapprochement progressif du Comité vers une nouvelle hausse, même si la majorité n'est pas encore acquise. La BoE maintient ses taux, mais la pression pour resserrer la politique monétaire monte.

La flambée des prix du pétrole intensifie le dilemme de la BoE

La récente hausse des prix du pétrole ajoute une urgence à ce débat. La Banque Centrale Européenne (BCE) a déjà resserré sa politique monétaire en réponse aux pressions inflationnistes liées à l'énergie, tandis que la BoE est restée plus mesurée jusqu'à présent. Si le brut reste à des niveaux élevés, le coût de l'énergie continuera d'alimenter les perspectives d'inflation au Royaume-Uni, accentuant la pression sur le MPC pour éviter des effets de second tour. Cependant, la BoE ne peut réagir isolément à la situation du pétrole. La question cruciale est de savoir si l'économie domestique est suffisamment solide pour supporter une nouvelle hausse des taux. C'est précisément pourquoi les données du PIB attendues jeudi revêtent une importance capitale. Une activité économique vigoureuse donnerait aux partisans d'une hausse plus d'arguments pour privilégier la lutte contre l'inflation. À l'inverse, un ralentissement marqué renforcerait la position de Bailey et de ses partisans prônant la patience.

Le PIB du T2, un indicateur potentiellement trompeur

La croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) pour le deuxième trimestre est attendue à 0,4% en glissement trimestriel, une décélération par rapport aux 0,6% du premier trimestre, mais un chiffre qui reste respectable compte tenu des perturbations passées. Néanmoins, ce chiffre pourrait masquer une faiblesse sous-jacente. En début de trimestre, de nombreux industriels et clients ont anticipé leurs achats pour se prémunir contre les augmentations de prix et les perturbations d'approvisionnement. Le commentaire du rapport S&P Global PMI de mai a explicitement lié cette dynamique de constitution de stocks à une production plus forte, tandis que les données de juin ont montré un affaiblissement de ces effets. Cela implique qu'une partie de la croissance du T2 pourrait simplement représenter une activité tirée vers l'avant, laissant entendre qu'un chiffre trimestriel de 0,4% pourrait masquer une économie plus fragile en fin de trimestre.

Le PIB de juin, l'indicateur décisif

C'est pourquoi le PIB mensuel de juin pourrait fournir une lecture plus précise que le titre du PIB du T2. La production de juin est attendue en baisse de -0,1% en glissement mensuel, annulant la légère hausse de 0,1% de mai. À ce stade, l'effet d'anticipation des achats s'était largement estompé, rendant le chiffre mensuel un indicateur plus fiable de la trajectoire réelle de l'économie à l'entrée du troisième trimestre. Si le PIB du T2 s'établit autour de 0,4% mais que la production de juin se contracte plus nettement que prévu, les marchés pourraient conclure que la résilience observée était temporaire et dépendante des stocks, donnant ainsi un argument plus fort aux partisans d'une politique monétaire accommodante au sein de la BoE pour résister à un nouveau resserrement. Inversement, si le chiffre de juin se maintient mieux que prévu, le message serait nettement plus favorable à la livre sterling, suggérant que l'économie a conservé son élan même après la dissipation du soutien temporaire lié aux perturbations, offrant ainsi plus de latitude au bloc hawkish pour s'élargir en septembre. Le véritable test de jeudi ne sera donc pas simplement de savoir si le Royaume-Uni a connu une croissance au T2, mais plutôt si son économie a maintenu son élan une fois que la constitution des stocks a cessé.

Perspective technique : EUR/GBP et GBP/CHF

Sur le plan technique, l'EUR/GBP a été rejeté à deux reprises par la moyenne mobile descendante à 55 jours, maintenant la tendance baissière depuis 0,8863. Une rupture du support mineur à 0,8528 suggérerait que le rebond depuis 0,8453 a déjà atteint sa limite et ouvrirait la voie à un test plus profond de 0,8453. Une rupture soutenue de ce niveau rouvrirait la voie à une baisse plus large depuis 0,8863. Cette configuration technique serait particulièrement cohérente avec une publication solide du PIB de juin. Si l'économie se montre suffisamment résiliente pour renforcer la position des partisans d'une hausse à la BoE, la livre sterling bénéficierait d'un avantage politique relatif plus marqué face à l'euro. À l'inverse, une publication faible en juin affaiblirait cet argument et réduirait la pression pour une nouvelle baisse de l'EUR/GBP.

La paire GBP/CHF pourrait offrir une expression encore plus nette de la force de la livre sterling, étant donné que les perspectives de politique monétaire de la Banque Nationale Suisse (BNS) sont beaucoup moins restrictives. Le rallye depuis 1,0281 est toujours en cours, bien que la dynamique ait ralenti près du plafond du canal ascendant. Une progression supplémentaire reste favorisée tant que le support à 1,0808 tient. Une rupture décisive de la résistance du canal ouvrirait la voie à une accélération vers la projection de 161,8% de 1,0281 à 1,0674 à partir de 1,0468, soit 1,1104. Une perte de 1,0808 indiquerait plutôt que le rallye entre dans une correction plus profonde.

Les données de jeudi, un prélude à septembre

Bien que le PIB du T2 retienne l'attention, les données de juin pourraient décider de la manière dont les marchés appréhenderont la réunion de la BoE en septembre. Trois réunions consécutives marquées par un élargissement de la dissidence hawkish montrent que le Comité se rapproche progressivement d'un resserrement monétaire. La hausse des prix du pétrole fournit aux partisans d'une politique plus stricte des arguments inflationnistes supplémentaires – ce qui leur manque encore, c'est la preuve que l'économie peut absorber une nouvelle hausse. Une lecture résiliente de juin soutiendrait la baisse de l'EUR/GBP et la hausse du GBP/CHF. Une lecture faible suggérerait que la force du T2 provenait en partie des stocks antérieurs, donnant ainsi aux partisans d'une politique plus souple de la BoE des arguments plus solides pour résister.

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