Le rapport ADP, baromètre clé avant les chiffres officiels de l'emploi aux États-Unis
Attention aux chiffres de l'emploi américain : l'indicateur ADP sous les feux des projecteurs
Aux États-Unis, l'attention se porte aujourd'hui sur le rapport d'ADP concernant l'emploi dans le secteur privé pour le mois de juillet. Ce chiffre est particulièrement scruté par les marchés car il offre un aperçu précoce de ce à quoi s'attendre des données officielles de l'emploi ('Jobs Report') attendues vendredi. Les estimations hebdomadaires d'ADP avaient déjà suggéré un ralentissement de la croissance de l'emploi en juin, signalant potentiellement un marché du travail qui commence à se refroidir. Parallèlement, l'indice ISM des services pour juillet sera également publié. Les premières estimations PMI indiquaient déjà une reprise de l'activité commerciale. Sur le front monétaire, la gouverneure de la Fed, Cook (votante, neutre), s'exprimera en soirée, tandis que Daly (non-votant) doit prononcer un discours dans la nuit.
Contexte international et mouvements sur les marchés
Dans la zone euro, les résultats définitifs des indices PMI des services et composites pour juillet seront dévoilés. Ces indices avaient surpris à la hausse lors de leur publication préliminaire, le PMI des services atteignant 51,6 (contre 49,4 précédemment) et le PMI composite 51,9 (contre 50,0). Les chiffres de l'inflation des prix à la production (PPI) pour juin sont également attendus. Ils font suite à une hausse de 0,2% en glissement mensuel en mai et une augmentation du taux annuel à 5,9%, le niveau le plus élevé depuis mars 2023. Ces données européennes, combinées aux indicateurs américains, dessinent un tableau complexe pour les banques centrales.
Sur le plan géopolitique, les prix du pétrole ont poursuivi leur déclin. La raison principale réside dans des informations selon lesquelles les États-Unis seraient proches d'un accord intérimaire de 60 jours pour rouvrir le Détroit d'Hormuz sans péages. Donald Trump a indiqué qu'une clarification était attendue dans les 48 heures. Cette perspective d'une désescalade, même partielle, a exercé une pression baissière significative sur le Brent, qui est tombé sous les 80 USD/baril, alors qu'il se situait à 86 USD il y a peu. Les données de production des pays du Golfe pour juillet, montrant une augmentation, ont également contribué à cette tendance baissière.
Analyse des perspectives et implications pour les investisseurs
Les marchés actions ont affiché hier une dynamique atypique mais caractéristique d'un environnement de 'risk-on' en 2026, plutôt qu'une journée classique de prise de risque. Le moteur principal n'était pas une révision à la hausse des perspectives de croissance, mais une atténuation des craintes de ralentissement. La réduction des tensions liées au conflit Iran-USA et l'essoufflement des craintes autour de la bulle de l'IA ont été les deux facteurs déterminants. Alors que les primes de risque continuaient de se compresser dans un contexte macroéconomique et de résultats d'entreprises exceptionnellement solides, les actions ont prolongé leur rallye. Il est à noter que ce 'risk-on' à la sauce 2026 n'implique pas des achats indiscriminés dans tous les secteurs. Trois secteurs ont terminé en baisse hier, menés par l'Énergie, tandis que la Technologie mondiale a gagné plus de 3%. Une nouvelle vague de records a propulsé les actions mondiales à près de 15% de rendement depuis le début de l'année. Le S&P 500 a enregistré sa meilleure séance depuis avril et sa première clôture record depuis le 2 juin. La dynamique positive se poursuit ce matin avec des gains sur les marchés asiatiques et des contrats à terme américains et européens plus fermes.
Du côté des taux d'intérêt et des changes, la perspective d'un accord entre les États-Unis et l'Iran sur le Détroit d'Hormuz a fait reculer les rendements des bons du Trésor américain, prolongeant la baisse observée lundi. L'EUR/USD est resté relativement stable au-dessus de 1,15. Malgré un niveau toujours élevé de l'EUR/DKK en juillet, la Banque Nationale du Danemark (DN) s'est abstenue d'intervenir sur le marché des changes. La couronne norvégienne (NOK) a été affectée par la chute des prix du pétrole, et l'EUR/SEK continue de s'échanger près du seuil de 11,00, restant à la merci du sentiment général de risque.
Les intervenants de marché suivront aujourd'hui l'annonce potentielle d'un accord sur le Détroit d'Hormuz, les données de l'emploi privé de juillet de l'ADP aux États-Unis, ainsi que l'indice ISM des services également pour juillet.
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