Tensions accrues près d'Ormuz : une attaque de navire suscite une réaction mesurée des marchés - Forex | PriceONN
Une attaque présumée contre un cargo près du détroit d'Ormuz par l'Iran a entraîné une interruption des opérations d'escorte de l'ONU, mais les marchés pétroliers restent calmes, se concentrant sur l'offre globale plutôt que sur les tensions géopolitiques renouvelées.

Focus sur les indicateurs économiques européens et l'évolution du pétrole

La Suède publie aujourd'hui des données économiques clés. L'indice des prix à la production (PPI) fournira des indices sur l'accumulation des pressions inflationnistes, un indicateur avancé souvent scruté par la Riksbank. Plus significatif encore, l'enquête du NIER inclut des plans de prix qui seront analysés attentivement pour évaluer l'impact des perturbations actuelles de l'offre sur l'inflation. Par ailleurs, l'indicateur ETI plus général est un baromètre fiable de la croissance du PIB suédois, suggérant récemment une expansion comprise entre 2% et 2,5%.

En Norvège, les ventes au détail de juin sont attendues. L'inflation persistante et la perspective de taux hypothécaires plus élevés ont déjà freiné la croissance des ventes au détail. Une augmentation modeste de 0,3% en mai est anticipée. L'enquête sur les attentes des consommateurs de la Banque Centrale Européenne (BCE), couvrant le mois de mai, sera également publiée. Après une hausse notable en mars, les attentes s'étaient stabilisées en avril, avec une prévision à 1 an de 4,0% et à 3 ans de 2,9%. Ces chiffres prennent une importance particulière suite aux commentaires hawkish récents de la membre du directoire de la BCE, Isabel Schnabel, concernant le retour de l'inflation à la cible.

Actualités économiques et de marché : L'Iran, l'OPEP et la rotation sectorielle

Dans la nuit, des tensions ont éclaté près du détroit d'Ormuz. Un cargo aurait été attaqué par l'Iran, conduisant l'ONU à suspendre ses opérations d'escorte maritime dans cette zone stratégique. Cet incident jette un doute sur un accord préliminaire visant à mettre fin à la guerre entre les États-Unis et l'Iran. Les autorités maritimes iraniennes ont averti que les navires naviguant hors des routes désignées le faisaient à leurs risques et périls. Les données de trafic maritime indiquent que les flux de pétrole brut via Ormuz ont atteint leur plus haut niveau depuis le début du conflit. Malgré une hausse initiale, le prix du Brent a reflué sous les 74 USD/baril, se dirigeant vers des pertes hebdomadaires importantes. Les marchés semblent ignorer ces tensions renouvelées pour se concentrer sur les perspectives globales de l'offre.

Hier, aux États-Unis, l'inflation mesurée par le PCE a continué de progresser en mai, renforçant les anticipations d'une possible nouvelle hausse de taux par la Federal Reserve cette année. L'inflation PCE globale a atteint 4,1% en glissement annuel, une première depuis avril 2023, en partie due à la hausse des prix de l'énergie liée aux perturbations dans le détroit d'Ormuz. L'indice PCE de base a augmenté de 3,4% en glissement annuel et de 0,3% en glissement mensuel, soulignant des pressions sous-jacentes toujours élevées, particulièrement dans le secteur des services. Néanmoins, les attentes de taux américains ont été légèrement revues à la baisse suite à des chiffres du PCE inférieurs aux prévisions pour mai.

Dans le domaine des matières premières, l'Irak envisage de quitter l'OPEP si son quota n'est pas augmenté, emboîtant le pas aux Émirats Arabes Unis qui se sont retirés le 1er mai. Ce retrait renforce la position de négociation de l'Irak. Si le trafic via le détroit d'Ormuz se normalisait, une production accrue des Émirats Arabes Unis et potentiellement de l'Irak pourrait provoquer un choc d'offre pétrolière positif, voire une guerre des prix qui mettrait fin à l'OPEP. Cependant, les données actuelles montrent que le trafic à Ormuz reste bien en deçà des niveaux d'avant-conflit, malgré une reprise récente.

Les marchés actions ont progressé hier, mais le thème dominant demeurait la rotation sectorielle et régionale plutôt que le niveau des indices eux-mêmes. Alors que les actions européennes et asiatiques avançaient, les marchés américains ont reculé. La volatilité intraday a été particulièrement marquée, centrée sur la technologie et le récit Iran/pétrole. Les prix du pétrole ayant rebondi durant la séance américaine, les marchés ont effectivement inversé la rotation observée mercredi, avec des capitaux quittant les secteurs de consommation. Les résultats exceptionnellement solides de Micron publiés mercredi soir n'ont pas réussi à soutenir durablement la technologie, les discussions entre investisseurs se concentrant de plus en plus sur la durabilité de la croissance des bénéfices et, en particulier, sur les marges bénéficiaires inhabituellement élevées actuelles dans certaines parties des secteurs des semi-conducteurs et de la mémoire. Il est essentiel de distinguer ces moteurs de rotation de l'environnement macroéconomique sous-jacent. La volatilité actuelle est alimentée par la géopolitique et les questions persistantes concernant certains segments du secteur technologique, tandis que le contexte macroéconomique global reste solide. Cela plaide en faveur d'une volatilité globale du marché contenue et d'une tendance haussière des actions à long terme.

Ce matin, les marchés asiatiques affichent une baisse marquée, menés par les marchés les plus intensifs en technologie. Les contrats à terme américains et européens sont également en repli, la technologie expliquant une fois de plus la majeure partie de la faiblesse.

Marchés obligataires et des changes : des mouvements contenus

Les mouvements dans le compartiment obligataire ont été plus discrets hier. Les taux de swap en euros ont suivi une tendance baissière, le rendement du swap à 2 ans passant de 2,75% à un peu moins de 2,73%, tandis que le rendement à 10 ans a diminué marginalement pour passer sous les 2,92%. Aux États-Unis, les rendements ont baissé, particulièrement sur la partie courte de la courbe, reflétant les mouvements observés en Europe. La paire EUR/USD a marqué une pause dans son récent rallye baissier, terminant la séance au-dessus de 1,1350. La paire EUR/NOK a poursuivi sa hausse, franchissant la barre des 11,20 alors que les prix du pétrole restent sous pression.

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